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L'"eye-tracker" détermine la position de la pupille et indique sur quel point l'oeil s'est posé. | AFP
 L'"eye-tracker" détermine la position de la pupille et indique sur quel point l'oeil s'est posé. | AFP
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LE MONDE | 15.03.02 | 13h20
Les mouvements oculaires de l'internaute utilisés pour jauger les sites Web
La technique de l'"eye-tracking" permet de déterminer, en fonction de la position de la rétine, les zones sur lesquelles se pose ou se fixe le regard.

A contenu équivalent, où se fait la différence entre deux sites Internet, entre le bien conçu et le pas pratique ? Les appréciations contradictoires des utilisateurs recréant l'éternel débat sur les goûts et les couleurs, les webmestres - et principalement ceux qui gèrent des sites à vocation commerciale - ont aujourd'hui besoin d'outils objectifs pour évaluer les pages qu'ils mettent en ligne. Une solution pourrait passer par le suivi d'une fonction humaine que l'on ne contrôle pas toujours mais qui se révèle indispensable pour surfer sur la Toile : le regard.

Créée en 1998, la petite société française Novadis propose de déchiffrer le fonctionnement cognitif - le processus par lequel on apprend et on comprend - pour concevoir des programmes ou des sites Internet adaptés à la logique de l'utilisateur. "L'objectif est de fournir des outils adaptés à la manière de penser des gens, explique Luc Rodet, fondateur de Novadis. Pour comprendre comment ils fonctionnent, nous avons recours à des méthodes classiques comme l'entretien ou les tests psychologiques mais aussi à des instruments plus high tech comme l'enregistrement des mouvements de la souris, du clavier et l'eye-tracking, le suivi des mouvements oculaires."

Pour ce faire, Novadis s'est associée au laboratoire Clips (Communication langagière et interaction personne-système) de l'Institut d'informatique et mathématiques appliquées de Grenoble, qui fédère des unités de recherche du CNRS, de l'Institut national polytechnique de Grenoble et de l'université Joseph-Fourier. Afin de décortiquer la stratégie du regard lors de l'observation d'un écran, Clips dispose d'un oculomètre (ou eye-tracker) qu'il loue à Novadis. Trente fois par seconde, l'appareil détermine la position de la pupille par rapport au visage, ce qui, grâce à une calibration préalable, permet de déduire sur quel point l'œil s'est posé.

"Si l'œil fixe le point plus de 250 millisecondes, on peut dire qu'il y a eu traitement cognitif du texte regardé, précise Jean Caelen, directeur du laboratoire Clips. Entre 100 et 200 millisecondes, on a perçu quelque chose mais le cerveau n'a pas eu le temps de traiter l'information. Si la fixation est inférieure à 100 millisecondes, l'œil a effectué une saccade : il s'est simplement servi de la zone en question comme point d'appui pour aller plus loin dans le texte."

CLARTE ET INFORMATION

En 1999-2000, Clips a mené une première expérience baptisée Shiva, destinée à évaluer les sites Web en vue d'améliorer la pertinence des pages. "On mettait les sujets en situation devant les pages Web - des sites d'agences de voyages - avec une consigne précise, précise Jean Caelen, par exemple chercher, avec tel budget, un voyage dans les îles pour quatre personnes. L'oculomètre enregistrait la trajectoire suivie par les yeux tandis que nous enregistrions le temps nécessaire pour que la consigne soit remplie, car le temps de recherche est un paramètre crucial sur Internet."

Novadis vient, quant à elle, de réaliser une étude interne sur le même principe, dont le but consistait à analyser l'impact de la mise en page sur le déplacement du regard des internautes. Les conclusions de ces deux travaux vont dans la même direction : les sites doivent privilégier la clarté et l'information. "Premier résultat, résume Luc Rodet, plus de 50 % des fixations se portent sur les titres. Deuxième constatation, les experts, les habitués d'Internet, ne s'arrêtent pas sur les images car, contrairement aux novices, ils savent qu'elles ne sont généralement pas porteuses d'information, sauf si elles cachent un lien. Chez ces experts, nous avons constaté que les images étaient simplement traitées par la vision périphérique. Dernier enseignement, la disposition des blocs de texte est prépondérante."

VOYAGE DES YEUX

"Grâce à cette expertise, poursuit Luc Rodet, nous pouvons juger objectivement la pertinence de l'organisation des pages et de l'information, valider ou non l'approche graphique retenue, vérifier que chaque zone de chaque page remplit l'objectif qui lui est fixé et, le cas échéant, proposer des améliorations." Jean Caelen note non sans ironie que, sur les sites commerciaux, "il faut plus travailler le texte - dont les titres doivent être très explicites - que les images, même si cela va à l'encontre de la tendance graphique à la mode".

Jusqu'à présent, les études par oculomètre se faisaient sur des pages fixes. Depuis peu, Novadis est capable de munir ses expérimentateurs de souris et d'enregistrer à la fois le déroulement des pages, les clics sur les liens et le trajet du regard. Au lieu d'évaluer de simples pages au format de l'écran, ses ingénieurs peuvent maintenant reconstituer le voyage des yeux dans tout un site et identifier ses forces et ses faiblesses, voire ses no man's land, les angles morts du virtuel. Avec l'idée de démarcher les webmestres en leur montrant, enregistrements à l'appui, tous les défauts de leurs sites...

Pierre Barthélémy

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 16.03.02

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